Historique

Le village de José

À l’est de la commune de Herve se trouvent le village et le territoire de José.

Le nom du lieu revêt des formes bien différentes au cours des temps. Angelgiagas, la forme la plus ancienne, apparaît dans un document du 3 mai 779. Charlemagne confirme les biens de l’abbaye de Chèvremont. Ce monastère possède à Angelgiagas quelques manses de terres acquises, par voie d’échange, de l’église Saint-Servais de Maastricht. Ce mot vient peut-être de la transformation d'Angiwaldiacas : qui appartient à Angiwald.

En 796 la ferme d’Angelgiagas est, avec diverses autres propriétés, cédée en cadeau de noces par Charlemagne à sa fille Emma. C’est de l’époque mérovingienne que date l’exploitation du vignoble ”sur les vignes.”

Sous le règne de Notger, le nom du village est devenu Engelzeis. Il fait partie de la principauté de Liège jusqu'à l'endroit désigné "Outre-Cour". 
En 1366, Engelzeis est devenu Enjosée.
Jozé en 1441.
José en 1508, mais à côté de la forme actuelle on trouve pendant longtemps encore la forme Jozé.

L'église de José

Au point de vue religieux, les habitants du village de José dépendant de Herve, viennent accomplir leurs devoirs religieux dans l’église de la ville.
Mais pour les personnes âgées ou mal portantes, la route est longue, les chemins incommodent surtout en hiver. On en vient à songer à la construction d’une chapelle dans le village.

Le 21 septembre 1743, au nom des 336 habitants de l’endroit, des délégués se réunissent au domicile de leur bourgmestre Jean Jardon pour entamer des démarches à cette fin. Certains s’engagent à verser de l’argent, d’autres promettent des journées de travail où la fourniture de matériaux : briques, clous, portes, etc. Le bourgmestre Jardon organisera la récolte des matériaux et des fonds ; Olivier Leclercq contrôlera les opérations. Les décisions de cette réunion sont actées par le notaire Gilles Cerfontaine.


Le 4 décembre 1743, une deuxième assemblée va préciser les décisions et le 2 février 1744 la communauté fait spécifier officiellement au domicile du notaire G. Cerfontaine à Ayeneux toutes les rentes affectées à la couverture des frais de construction. Le 27 février suivant, conformément aux directives du vicaire général du diocèse, Jacques Labeye au nom de la communauté de José et Philippe Antoine Michelet curé de Herve, conviennent de l’honoraire à payer au vicaire :

”...les manants de José étant à la veille de faire bâtir une chapelle et le vicariat de Liège, sede vacante, leur ayant ordonné de convenir avec le curé de Herve d’une somme à être fournie annuellement au prêtre à nommer par le curé de Herve pour la desserviture de José... ont déclaré d ’être convenu qu’il devra être fourni par les manants de José au prêtre qui sera choisi par le curé de Herve, une somme de 30 écus... "
 
Le 1er mars 1744, les habitants de José ratifient les conventions des réunions précédentes et promettent de : ”faire bâtir une maison pour la demeure du prêtre desserviteur de la dite chapelle et de lui assigner du terrain pour un jardin ou de procurer au dit desserviteur une demeure convenable et à portée de la dite chapelle.
La permission de bâtir la chapelle est officiellement accordée par le Prince-Évêque le 2 juin 1744. Un peu plus d’un an après, la chapelle est construite à peu près à l’endroit où se trouve l’église actuelle et elle est bénite le 24 octobre 1745. Elle est dédiée à St Antoine l’ermite. Un mois plus tard, le 1er décembre 1745, la permission d’y célébrer la messe est accordée par l’évêque de Liège. La chapelle ne sera consacrée que 12 ans plus tard, le 5 août 1757, par Mgr P.L. Jacquet, suffragant de Liège.


Voir la suite de l'histoire de l'église...




Le cimetière

Quand José devient paroisse, il n’y a pas de cimetière et c’est le curé qui, à son arrivée, cède une partie de son jardin pour y enterrer les défunts.

Ce cimetière provisoire est béni le 9 février 1843.
C’est seulement presque 20 ans après que la commune achète un terrain pour le cimetière qui sera béni le 28 juillet 1861 par Mr Klausener doyen de Herve : 

"Dans la pluie, le tonnerre, la grêle et les éclairs qui jetaient l’épouvante parmi les assistants " note le curé. On construira le mur de clôture en 1863 et le cimetière sera agrandi en 1904. Il couvre actuellement une superficie de 3.231 m2.




Les anciens charbonnages de José

La S.A. des Charbonnages de Herve-Wergifosse est née de la fusion de la S.A. des Charbonnages de Herve avec la société civile de Wergifosse-Xhendelesse. Cette nouvelle société a été consituée le 27 juin 1864 avec une concession de 1096 ha. L'installation du siège des Xhawirs a commencé le 20 septembre 1870 et le puits mis à fruit (en activité) en 1878 tandis que celui des Halles, tout proche, ne l'a été qu'à partir du 1er février 1887.

C'est donc la Société des Charbonnages Herve-Wergifosse qui, en 1875, a introduit une demande de raccordement pour son puits des Xhawirs. En septembre 1876, le plan des terrains à exproprier est affiché, des réclamations s'élèvent, un passage à niveau est demandé.

Fin 1888, un raccordement distinct est établi sur l'embranchement des Xhawirs afin de desservir le puits des Halles ("hâles" en wallon signifie "échelles") qui vient de s'ouvrir. Trois voies sont posées parallèlement à celle qui conduit vers celui des Xhawirs. Un pont à peser les wagons est disposé à l'entrée des installations.

Quoique desservant deux puits, le raccordement commun a continué à être identifier par son nom initial "Les Xhawirs", mot qui provient du wallon "hawai" qui signifie "houe", outil utilisé primitivement pour extraire le charbon.

A l'intérieur du complexe houiller, les manoeuvres de wagons sont effectuées par des petites locomotives industrielles 030T "Meuse" et 020T "Saint-Léonard" déjà rencontrées dans des raccordements d'autres gares (Beyne, Fléron, Micheroux).

En mars 1929, la desserte du raccordement des Xhawirs est assuré 26 fois pour 178 wagons par des locomotives à vapeur de la SNCB. Le train 8263 quitte Micheroux à 13h34 et y rentre en 8264 à 14h44, soit une durée de 1h10. Indépendamment d'un machiniste et d'un chauffeur, ces trains sont accompagnés par un chef-garde, un serre-frein et un piocheur.

Avant 1905, le puits des Halles était de 140m, il avait une section à peu près rectangulaire de 2m50 sur 1m65. Il était maçonné jusqu'au terrain houiller. Vers 1920, il fut enfoncé jusqu'à la profondeur de 242m et en 1929/1930 il fut approfondi jusqu'à 366m. Il a une section rectangulaire de 3m75 sur 1m75.

Vers 1926 on réunit le puits des Xhawirs au puits des Halles par une bacnure (galerie horizontale d’exploitation) à grande section à l’étage de 242m.
La guerre 14-18 va évidemment créer des difficultés d’exploitation et une chute de la production annuelle de 40.000 tonnes.

Une fusion a lieu le 10 juillet 1928, celle de la S.A. des Charbonnages de Wérister qui absorbe la S.A. des Charbonnages de Herve-Wergifosse pour permettre une production plus intense et conserver le personnel au travail. Sous cette nouvelle administration, le puits des Halles est affecté à l’extraction tandis que celui de Xhendelesse sert à l’exhaure et à l’aérage.

A la fin des années 1930, cinq sociétés charbonnières sont toujours présentes sur les plateaux de Herve:

Bois-de-Micheroux, Hasard, La Minerie, Quatre-Jean, Wérister.

De multiples perfectionnements seront apportés à l’extraction du charbon et, dès 1933, le siège de José devient l’un des plus mécanisé de Belgique et, en 1938, le plus électrifié. En 1954 après une visite des experts de la CECA, la presse écrit :
” Les experts n'ont pas caché leur admiration en visitant un chantier dans une couche en plateur presque horizontale de 30 cm à 40 cm d'ouverture et dans laquelle on réalise un rendement net fond dépassant 1000 KG. Une couche de l’espèce serait considérée comme inexploitable dans d’autres pays."

L'expédition se chiffre à 12 wagons par jour en 1959, 13 en 1963 et enfin 10 en 1968.
Cependant le charbonnage de José sera victime, lui aussi, de la politique générale de l'extraction du charbon et devra fermer définitivement le 1er octobre 1969.


LA SUITE DE L'HISTOIRE DU CHARBONNAGE DE JOSÉ...



L'enseignement


Pendant des siècles il n’y a pas d’école primaire à José ; les enfants fréquentent celles de Herve.

Le 1er décembre 1745, Jean—Théodore, évêque de Liège, dans les conditions posées pour accorder la permission de célébrer la messe dans la
nouvelle chapelle, stipule que le desserviteur de la chapelle : 

"Sera obligé de tenir école depuis la fête de tous les Saints jusqu'au mois de mars parmi la rétribution accoutumée de la paroisse.” 
Il en sera ainsi jusqu’à la fin de l'Ancien Régime.

Au début du Régime français, le desservant ayant refusé de prêter le serment révolutionnaire, le culte de la chapelle et par conséquent l’école sont suspendus. Ni le Père Lejeune ancien prieur des Carmes de Liège, ni le Père Fidèle Hérendael ex-Récollet, qui assurent le culte à partir de 1804 ne reprennent l’école car dans les statistiques de la Préfecture on constate qu’à José il n’y a pas d’école.

A partir de 1812, il y a une école non dotée avec J .F. Potelle le vicaire desservant comme instituteur avec une douzaine d’élèves en été et le double en hiver. Les parents doivent payer 19 sous par mois par élève. Ce régime va continuer jusqu'à l'indépendance du pays.
Dans la suite José aura son école suivant les lois belges.
Signalons que dans les années 1930, un instituteur de José, V. CLOBERT, publie plusieurs ouvrages d'histoire à l'usage des écoles primaires et du 4ème degré.





La Ferme d'Angelgiagas


En 796, cette ferme, ainsi que d'autres propriétés, furent offertes en cadeau de noces par Charlemagne à sa fille Emma.



L'Ancienne propriété Dartois

  • Maison Englebert



La maison "Dartois" qui fut la résidence des maires de José jusqu'en 1810 car ce n'est qu'en 1838 que le village de José fut rattaché à la commune de Battice.

A remarquer dans cette propriété, le cadran solaire et, dans le parc, un if huit fois centenaire qui nous rappelle qu'autrefois, ces arbres étaient utilisés pour la fabrication d'arbalètes.
La culture des ifs a décliné avec l'invention de la poudre et donc des fusils.

Une ferme portant le blason "de Fromentière", dernier maire dépendant de l'Avouerie de Fléron y est atteante (1742). Ces bâtiments formaient autrefois une seule brasserie. C'est en 1780 qu'on divisa les deux propriétés.

Plus loin, la maison "Englebert - Prégardien" servait de dortoir supplémentaire du collège de Herve.







Le Tilleul Clouté du Coftice

  • 2018
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Cet arbre remarquable, qui faisait dans les 6 mètres de tour, se dressait sur un tertre au croisement des trois chemins, au lieu-dit «Campagne de Melen», flanqué vers le Nord du calvaire.

Ce tilleul, comme celui de Steilmont à Gilly, était piqué de plusieurs milliers de clous, dont d’énormes qui servaient peut-être d’échelons pour grimper planter plus haut... 

Obéissant à une coutume ancestrale, des fidèles allaient chercher des clous d’argent ou de fer tout exprès fabriqués par le forgeron, pour les planter dans le fût d’un vieux tilleul pour obtenir quelque grâce. Mis de la sorte en évidence, le clou était à coup sûr une des œuvres métalliques du forgeron, la plus chargée de magie. Son efficacité ne pouvait être dissociée de la mort, ce qui explique par exemple son usage pour empaler les vampires de Farciennes. Le clou arraché à un cercueil déterré était, dans la croyance populaire souveraine, contre les maux de dents. Il fallait en toucher la dent malade, puis courir à minuit juste, le ficher dans un arbre. Le mal devait, selon un éminent folkloriste wallon, disparaître au fur et à mesure de sa pénétration dans le bois. Pour les rogations, on y venait en procession de 8 paroisses. 

Déjà cité en 1566, le tilleul du Coftice blindé de clous a constitué une masse métallique telle que la foudre s'abattit sur lui en 1941. On replantera un autre en 1948 au pied duquel subsiste l'ancien calvaire. La tradition du cloutage se marque déjà dans son tronc. Il existait, jadis, à Herve, un autre tilleul clouté, au lieu-dit Six - Fontaines, au nord est de la ville. 

Situation : le Tilleul du Coftice est planté à 3 kms de Herve, sur la route de Liège, à une trentaine de mètres de la N3, sur la gauche. On y accède par un petit chemin.

Pour plus de détails voici un lien vers le site du  sur l'histoire des arbres à clous.







Les guerres

En temps de paix, la vie se déroule assez calmement, mais de temps à autre, les armées viennent, par leur passage ou leur séjour, créer bien des ennuis aux habitants. Ainsi on se souvient en particulier qu’en 1746, lors de la guerre de succession d’Autriche, les trois armées autrichienne, anglaise et hollandaise campèrent dans la campagne de José au nombre d’environ 80.000 hommes. En 1790, au début du mois d’août, lors des combats entre Herve et Olne, c’est sur les hauteurs de José que furent postés les canons autrichiens.
 
En 1914, vu la position de José entre Herve et Fléron, dès le 4 août des carabiniers cyclistes sont aux prises avec un groupe de uhlans près de la ferme Hansez (près de la route de la clef) ; l’officier prussien et deux chevaux sont abattus. La nuit du 4 août, des soldats allemands sont dans toutes les prairies. Le lendemain, le curé de José est appelé auprès des autorités allemandes juste après l’exécution des victimes de La Bouxhe-Melen. Des civils de José sont fusillés. Le samedi 8 août on vient dire qu’on va brûler le village. Le curé en demande la raison. C’est la guerre, lui est-il répondu. Les habitants s’enfuient. On commence à incendier trois fermes et sept maisons. Heureusement, grâce à l’intervention du curé, le commandant allemand fait cesser les incendiaires.
 
Pendant les journées du 9, 10 et 11 août des troupes allemandes de toutes espèces n’arrêtent pas de passer pour se diriger vers Liège. Beaucoup d‘ouvriers mineurs sont restés dans le bure pendant 10 jours sans remonter. Quinze militaires de José ont été appelés sous les armes.
 
En 1916, José étant à la limite de l’arrondissement de Verviers où réside le Kaiser, un passeport spécial est exigé pour entrer ou sortir du village.
 
En 1940, au début des hostilités, la plupart des habitants évacuent le village qui n'aura cependant pas spécialement à souffrir au cours des années de guerre.

Le dimanche 3 septembre 1944, un campement de SS vient de s'établir au village. Les gens se réfugient au charbonnage. Monsieur F. Daniels est assassiné. Heureusement, le 6 septembre, les SS s'en vont et le 10 septembre c'est la libération.

Au passage des Américains, en ce beau jour, une jeep fait éclater une mine près du cimetière et deux soldats US sont tués: Harold Hopkins, caporal né le 6 août 1916, et William C. Campeel, soldat, né le 13 novembre 1922.

José a aussi perdu deux militaires: A. Deltour et A. Franck.

Par après, deux V1 tomberont sur son territoire, l’un dans le chemin du Coftice et l'autre dans une prairie à 100m de là.

Maintenant, une rue de José a l'honneur de porter le nom de "William Campeel" près du cimetière.





La construction de l'autoroute

La construction de l’autoroute Roi Baudouin, actuellement E 40, venant de Liège vers Aix-la-Chapelle et traversant la commune d’ouest en est va bouleverser le territoire pendant 4 à 5 ans entre 1961 et 1965.
Le 25 novembre 1961 se fait l’adjudication du pont de José et de celui d’Elvaux pour la somme de 150 millions.

Les ondulations légères des pâturages vont être profondément remuées par d’énormes déblais et remblais nécessaires au nivellement du terrain.

Dans ce but, le 23 mars 1963, les terrils de Battice, José et Micheroux sont ainsi transférés et puis, petit à petit, on verra s’élever les hautes piles des
ponts bientôt reliées entre elles par d’énormes poutres de béton précontraint.

Après la construction, à partir de 1962, pas loin du village de Battice, du trèfle de Chaineux reliant l’E 40 à l’E 42 vers Verviers et le Sud, les inconvénients causés par les travaux et les expropriations seront heureusement compensés par un accès aisé vers les grandes villes. Cela facilitera la reconversion industrielle de la région.

Le viaduc de José du T.G.V (Bruxelles - Cologne) 
422 m

Arcticle de ©Editeco SA - L'Echo

L'ouvrage d'art doit permettre de passer de la vallée de la Vesdre au plateau de Herve à 200km/h malgré le dénivelé. Le TGV ressortira donc de ce tunnel à double voie à Ayeneux. Tout devrait être terminé en août 2005, avec une mise en service en 2006.

Rappelons que les travaux destinés à installer une ligne à grande vitesse entre Bruxelles et la frontière allemande sont en cours depuis plus de trois ans. En 2006, Cologne ne sera plus qu'à une heure et demie de Bruxelles (soit un gain d'une heure sur le parcours classique). Fin 2002, les TGV pourront déjà circuler à 300 km/h entre Louvain et Liège (60 km en parcours propre le long de l'E40) et les lignes internes emprunteront également le tronçon à 200 km/h. En 2006, Bruxelles et Liège pourront être reliés en 39 minutes au lieu de 1 h 05. Mais en 2002, pour la mise en bouche, on gagnera déjà 6 minutes...



Source :


  • Battice - Des origines à 1977 de "E.Chefneux" et "M. Dechaineux

  • Le Grand Herve au passé et au présent de "Jean-Marie Doppagne"

  • En trains à travers du plateau de Herve - La ligne 38 de "Georges Henrard"

  • www.herve.be | Herve infos n°108 – Juin 2018

  • www.lecho.be

  • HistoireCheminsDeFer.pdf | soumagne.be

  • Les photos - arvia.be | nicau.be | eglisedejose.be

  • Et des photos privées de Mehdi Geron